Les outils numériques se sont installés dans les domaines viticoles, souvent moins spectaculairement que ne le laissent croire les reportages. Ils servent surtout à mesurer ce qui restait jusque-là au jugement, et cette mesure change des décisions concrètes.
Connaître l'état hydrique de la plante
Des sondes placées dans le sol, ou des capteurs mesurant le flux de sève, indiquent si la vigne subit une contrainte et à quel degré. Le vigneron sait alors s'il doit intervenir, et surtout s'il peut s'abstenir. C'est probablement l'usage le plus utile, car l'œil ne détecte le stress qu'une fois les dégâts faits.
Cartographier la parcelle
L'imagerie aérienne, par drone ou par satellite, révèle la vigueur de la végétation rang par rang. Une même parcelle se révèle rarement homogène, et cette hétérogénéité justifie des vendanges séparées, des apports différenciés ou une taille adaptée. C'est ce qu'on appelle la viticulture de précision.
Anticiper la maladie
Les stations météo de parcelle alimentent des modèles qui estiment le risque de mildiou ou d'oïdium selon l'humidité et la température. Traiter au bon moment plutôt que par calendrier réduit le nombre de passages, ce qui compte autant pour le coût que pour l'environnement.
Ce que la technologie ne fait pas
Aucun capteur ne décide de la date de vendange à la place du vigneron : la maturité des pépins se juge en croquant les baies, et l'équilibre visé dépend du style recherché. De même, une carte de vigueur ne dit pas quoi faire, elle dit où regarder.
La question du coût
Ces outils supposent un investissement et un temps d'apprentissage que les petites structures amortissent mal. Le partage de matériel par des groupements permet d'y accéder sans acheter, et c'est souvent par là que la diffusion se fait.
Les articles de la rubrique vin rouge suivent ces évolutions du métier.















