Une bouteille correcte mal servie donne moins de plaisir qu'une bouteille modeste servie avec soin. Quelques gestes suffisent, et aucun ne demande de matériel coûteux.
La température, d'abord
C'est le réglage qui change le plus de choses. Un blanc sorti du réfrigérateur est trop froid : ses arômes restent fermés. Un rouge à température de pièce en été est trop chaud : l'alcool domine. Sortir le blanc vingt minutes avant, mettre le rouge trente minutes au frais, et l'essentiel est fait.
La carafe, et quand elle nuit
Carafer un vin jeune et fermé l'aère et l'ouvre. Carafer un vin âgé peut au contraire le faire s'effondrer en quelques minutes, car sa réserve aromatique est fragile. Sur une vieille bouteille, la carafe ne sert qu'à séparer le dépôt, et le service doit suivre aussitôt.
Le verre
Un verre à pied, transparent, assez grand pour qu'on puisse le remplir au tiers en laissant de la place aux arômes. Le remplir davantage empêche de le faire tourner et prive le vin de son aération. Un rinçage à l'eau claire vaut mieux qu'un torchon qui laisse une odeur.
L'ordre de service
Du plus léger au plus corsé, du plus sec au plus sucré. Un vin sucré servi avant un vin sec fait paraître ce dernier acide et court.
La bouteille entamée
L'oxygène est l'ennemi. Reboucher et mettre au réfrigérateur, y compris un rouge, ralentit nettement l'évolution : deux à trois jours pour un rouge structuré, un peu moins pour un blanc léger. Une demi-bouteille transvasée et remplie à ras se garde encore mieux.
Le stockage
Couché, à l'abri de la lumière, à température aussi stable que possible. Ce sont les variations qui abîment, plus que le niveau absolu. Un placard intérieur vaut mieux qu'une cuisine ensoleillée.
Voir la rubrique vin blanc pour les températures par type de vin.















